Fanny, étudiante en biologie marine


Second article dans la lignée de nos témoignages d’étudiants français au Québec. Sous son léger accent québécois et sa grosse doudoune se cache Fanny, une étudiante bretonne finissant son Baccalauréat de Biologie à l’Université Laval à Québec city.

Bonjour Fanny!

Afin de mieux comprendre ta trajectoire, peux tu nous expliquer ton parcours universitaire s’il te plaît?

Ayant aujourd’hui 26 ans, je suis passée par une formation universitaire en France. Après mon baccalauréat scientifique, j’ai poursuivis sur un DUT en Génie Biologique, option analyses biologiques et biochimiques (ABB) à Quimper que j’ai terminé avec un stage. Après mon stage en DUT, j’ai enchainé sur une licence professionnelle en techniques en analyse chimiques et biologiques. Cependant, je ne l’ai pas finalisé car j’ai reçu une offre d’emploi très intéressante dans un laboratoire biomédical. J’ai donc travaillé durant trois ans en tant que technicienne de laboratoire dans différents laboratoires privés et hôpitaux ce qui m’a permis d’engranger à la fois de l’expérience professionnelle et des économies.

Quand est ce que tu as développé ton intérêt pour le Québec?

C’est durant ma seconde année de DUT que j’ai “découvert” le Québec par l’intermédiaire de mes camarades de promotion qui y ont réalisé leur stage. J’ai eu de très bons retours qui ont contribué à ma décision finale. L’événement déclencheur fut tout de même la décision d’une personne dont je suis très proche de partir tenter l’expérience au Québec. Le tout m’a motivé à prendre la décision de partir et de continuer mon cursus en biologie. Mon environnement de travail s’était dégradé et j’étais à la recherche d’un nouveau défi personnel et professionnel pour avancer dans ma vie. C’est pourquoi, je voulais sortir de ma zone de confort que j’avais en Bretagne. Quitte à recommencer ses études ou changer de vie, autant le faire dans un pays qui peut vous apporter ce changement. De plus, cela me permettait également de réaliser mes rêves ou mes envies de travailler en biologie marine. Tout ça m’a poussé à franchir l’Atlantique pour vivre au Québec.

Quelle est ton histoire avec la biologie marine? Comment est ce que tu as trouvé ta vocation?

Ayant un DUT spécialisé en biomédicale, j’étais une spécialiste en technique cependant, je n’avais pas nécessairement les bases théoriques suffisantes pour intégrer le domaine de la biologie marine. Malgré tout, ma curiosité et mon intérêt envers ce domaine se développaient de plus en plus avec les années. Par ailleurs, l’élément déclencheur qui me poussait à dériver vers le milieu aquatique étant dû à la problématique des algues vertes qui menacent les côtes bretonnes. C’est pourquoi, j’ai tenté ma chance en candidatant à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER). Mon profil n’était malheureusement pas assez solide pour pouvoir obtenir une place dans leur structure. Mais cet échec m’a motivé plus qu’autre chose, je savais ce que je voulais désormais, il ne me restait plus qu’à aller le chercher.

Match de hockey des Remparts de Québec

Comment ton cursus à l’Université Laval t’a permis d’y arriver?

Le Baccalauréat en Biologie est un diplôme très exigeant. Très diversifié, les enseignements demandent d’être rigoureux et constant dans toutes les disciplines obligatoires. Toutefois, les cours à option m’ont permis de me former progressivement et d’acquérir mes premières expériences dans le domaine de la biologie marine. Cette liberté de pouvoir sélectionner sa spécialité m’a motivé  durant tout mon cursus et a consolidé mon choix que j’avais fais. Le contenu et la façon d’organiser le cursus n’est pas du tout semblable à ce que j’ai pu avoir en France. Cela m’a appris à me redécouvrir et à me surpasser. Ma passion pour la biologie marine est devenue ma force dans mon cursus. Par ailleurs, l’Université Laval possède davantage de moyen pour faciliter ta réussite et ton intégration. De plus, l’Université Laval a reconnue en partie mon DUT en me validant douze crédits, ce qui correspond à 4 cours.  Ici, nous avons plus d’auxiliaires de laboratoire rendant nos travaux pratiques beaucoup plus prolifiques et nous acquérons plus d’expériences. Nous pouvons facilement communiquer avec le corps enseignant comme j’avais lors de mon DUT. Cependant, je ne l’ai pas retrouvé cette ambiance conviviale et amicale à l’université lors de ma licence professionnelle.

L’ambiance de classe est compétitive sachant que nous sommes des cohortes d’environ 80 biologistes finissants. Étant moi même compétitive, je devais me démarquer par rapport aux autres étudiants pour satisfaire mon objectif principal. Cette compétition mène à un environnement de travail stimulant et à la réussite. Avec ma coéquipière dans les cours et amie Jessica Gosselin, nous nous entraidons beaucoup pour réussir nos sessions. Dès ma première session, je me suis vu être récompensée dès lors que j’ai intégré un laboratoire de recherche mené par un professeur émérite en biologie marine. Durant ma session d’été, j’ai pu orienter mes deux stages de recherche en biologie marine. Le travail accompli avec cette équipe de recherche m’a permis d’obtenir une bourse de recherche pour ma maîtrise en biologie marine me permettant de poursuivre ma carrière dans ce domaine. Ces succès me rendent très fière, surtout lorsque je les compare aux échecs que j’ai subis auparavant. Il y avait du chemin à faire et j’ai l’impression d’avoir bien avancé.

En prenant du recul, il semblerait que tu t’épanouies beaucoup au Québec. Est ce que l’intégration sociale a eu un rôle à jouer?

Oui, l’intégration sociale est indispensable pour rester au Québec. Pour ma part, mon chum (copain) qui est québécois a dû sans doute jouer un très grand rôle dans mon épanouissement. Cependant, tout n’a pas été rose. Ma première session a été assez compliquée. J’ai connu le contrecoup de l’éloignement de la famille et des amis. De plus, tu dois faire face à une différence de culture et la barrière de la langue; car même si on est tous francophones, le Québécois a ses caractéristiques. La météo était aussi assez compliquée à accepter surtout que j’ai commencé ma session en hiver. Mais les dispositions mises en place par le Bureau de la Vie Étudiante de l’Université Laval ont contribué à mon adaptation. J’ai fait partie du programme de parrainage, on m’a donc attribué une marraine avec qui j’ai pu discuter et sortir. De ce fait, j’ai rencontré du monde dont des français et des québécois. Je n’ai pas trouvé particulièrement difficile de me faire des amis québécois contrairement à ce que j’ai pu entendre par d’autres personnes. Il suffit de faire des efforts. Aujourd’hui, mon gang (groupe d’ami) est majoritairement composé de québécois mais je m’entends toujours très bien avec les français. Je trouve ça drôle d’avoir désormais le rôle d’intégratrice en aidant des français à s’intégrer au Québec.

Est ce que l’on te parle parfois de ton accent québécois?

*rire* C’est assez drôle car il n’y a que les étrangers qui entendent cet accent. Je pense qu’inconsciemment, j’ai acquis certaines expressions québécoises et que j’ai pris quelques intonations québécoises. Mais la famille de mon chum et mes amis québécois n’entendent pas du tout mon “accent”. Je n’ai pas particulièrement voulu prendre l’accent, c’est un processus qui s’est fait tout seul. Lorsque je suis rentrée en France, on m’en a fait la remarque mais j’arrive plutôt bien à me réadapter à l’accent “français”.

Gare de Québec sous la neige

Maintenant que tu as un peu de recul par rapport au Québec, comment vois tu ton futur?

Je pense demander la RP (Résidence Permanente) car les procédures sont facilitées avec un diplôme québécois. Je me plais vraiment ici et en réalisant ma maîtrise ici, je pourrais continuer à travailler sur mon projet avec le groupe de recherche. Nous avons eu des résultats positifs cette année, c’est très encourageant pour la suite. De plus, je remarque que le système éducatif québécois m’a permis de m’épanouir dans les études, c’est quelque chose que je n’avais pas ressenti dans mes études en France. C’est peut être aussi car mon projet professionnel est bien plus déterminé. En tout cas je ne regrette pas du tout mon choix.

Le mot de la fin?

Mon mot de la fin est une citation de Éléanor Roosevelt qui résume bien ce parcours :

Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves

Merci à ceux qui ont cru en moi.




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